Raids et Guerres chez les Chiricahuas ( Partie 2 )

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Pour les pueblos, chasse et cueillente représentaient également une source de subsistance s'ajoutant à celle de l'agriculture. Les hommes,parfois aussi les femmes chassait le daim à proximité des villages. La configuration géographique ne favorisait en rien une réparation harmonieuse des activités entre Chiricahuas et Pueblos ou Opatas, telle qu'elle existait entre les Apaches des Plaines et les sédentaires. Il leur était donc impossible d'entretenir des relations commerciales pacifiques. Lorsque plus tard les échanges se développèrent entre villageois mexicains et Chiricahuas, ce fut sur une base totalement diffèrente. Au cours du XIX siècle,les Apaches empechèrent effectivement les Mexicains de chasser ou de pratiquer la cueillette dans la majeure partie du Sud-Ouest, monopolisant les ressources en répandant la terreur ; de nouvelles possibilités de négoce furent ainsi créées. Ils pouvaient en outre proposer des produits provenant de raids lancés contre d'autres peuples. Pour Opler, chasse et raid étaient " deux activités antagoniste". D'apres ses sources, les motivations sociales sociales des raids dépassaient largement la simple nécessité économique. Les raids et la guerre étaient pratiquement liés à tous les aspects de la société chiricahua, statut que la culture vivrière n'atteignit jamais. Il est malheureux de constater que le raid n'est plus un sujet d'étude en vogue, qu'il n'a plus grace auprès de certains anthropologues ou universitaires. Quoi qu'il en soit, l'étude du raid chez les Chiricahuas reste indispensable si l'on souhaite comprendre ce peuple et son histoire selon son propre système de valeurs. Les Chiricahuas considéraient le raid non seulement comme une exigence économique mais également comme un moyen positif de faconner l'individu et la société dans laquelle il vivait. Un très vieux Chiricahua a déclaré : " Il nous faut vivre dans ce monde. Pour cela, il nous faut etre plus forts et plus habilles que les autres. Si nous n'apprenons pas à bien les mener (les raids) les mexicains nous tueront" Les chiricahuas envisageaient les raids comme une application pratique de leur cosmogonie dans laquelle les forces de l'univers s'affrontent. D'après les notes d'un observateur mexicain, datant de plus d'une centaine d'années, " il (apache) croit que toutes les formes de vie se détruisent mutuellement au bout d'un certain temps. Cette croyance vaut également pour sa propre existence". Un Chiricahua se souvient :

"Les expéditions se succédaient. Les raids étaient nécessaires aux Chiricahuas. Ils partageaient en effet leur butin avec les plus pauvres du camp. Parfois ils le troquaient avec les familles aisées. Il arrivait également qu'ils échangent les chevaux capturés contre des femmes ( qu'ils voulaient prendre pour épousé) ; on les donnait aux parents de la jeune fille"

jeudi 17 mai 2012 18:38


Raids et Guerres chez les Chiricahuas ( Partie 1 )

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Bien plus rentable que l'agriculture, le raid était largement pratiqué par les Chiricahuas. Du XVIIe siècle jusqu'au milieu du XIXe, ils tirèrent la majeure partie des biens nécessaires à leur subsistance des raids auxquels ils se livrèrent contre les colons fermiers et les propriétaires de ranchs. Il existe de nombreuses similitudes entre les raids et la guerre. Ainsi, selon certains informateurs d'Opler, l'expression " ils sont partis en reconnaissance " s'appliquaient aux deux activités. Mais de leur coté, Goodwin et Basso découvrirent que les Apaches de L'Ouest utilisaient une terminologie spécifique pour chacune d'elles. En tout cas, quel que soit le vocabulaire employé, il s'agit bien de deux concepts différents.

Le raid, essentiellement motivé par des raisons économiques, pouvait néammoins etre investi d'un caractère religieux, social ou politique. Le principal objectif de la guerre était de porter préjudice à un ou plusieurs ennemis, et rarement, sinon jamais de s'appoprier des biens. Diverses circonstances pouvaient conduire les Chiricahuas à désirer " mettre à mort un ennemi " la plus fréquente étant la perte d'un des leurs au cours d'un raid. Dans son ouvrage " Apache, Navaho et Spaniards ", Jack D. Forbes soutient que les Apaches entretenaient des rapports essentiellement commerciaux avec les Pueblos, les Pimas et les Opatas. Jusqu'à l'arrivée des Espagnols dans le Sud-Ouest, ces relations demeurèrent paisibles. Forbes fournit de nombreux exemples de coexistence pacifique, voir symbiotique, entre les Apaches des plaines et les Pueblos sédentaires. Selon la thèse de Forbes, la destruction par les Espagnols du commerce aborigène et des réseaux d'échange contraignit les Apaches à se lancer dans des opérations de raid pour survivre. Cette théorie, intéressante à bien des égards, se trouve néanmoins infirmée par une très ancienne tradition " Nous prenions ce dont nous avions besoin avant meme de nous établir dans ce pays ". Forbes admet malgré tout que la violence caractérisait les relations entre Apache et Pueblos avant l'arrivée des Espagnols. Si les Apaches des Plaines chasseurs de bisons, disposaient de grandes quantités de biens à échanger, tel n'était pas le cas des Chiricahuas. Nulle part ils ne pouvaient se procurer les centaines de peaux, les tonnes de viande séchée et les innombrables tonneaux de suif qui troquaient les chasseurs des Plaines.

samedi 14 janvier 2012 13:05


Economie chez les apaches ( Derniére partie )

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Après avoir été préparées, ces grandes quantités de nourriture, animale et végétale, devaient etre conservées. L'habitat apache ne se pretait pas au stockage à long terme de centaines de kilos de viande, fuits et légumes. On mettait dans les sacs, des parflèches ou des paniers les rations nécessaires pour une semaine, tandis que le reste était entreposé dans des caches.

Ces caches sont en fait des grottes naturelles. Jamais je n'ai entendu dire que l'on en creusait dans le sol. Il s'agit là de cachettes secrètes..... L'entrée est obstruée par des blocs de pierre colmatés avec de la boue. Ainsi la cache est hermétiquement close. Ils ( les Chiricahuas ) éparpillent ensuite de l'herbe et de la terre, et il devient pratiquement impossible de la discerner dans le paysage montagneux. A l'intérieur, la nourriture peut etre conservée une année environ. Ces caches étaient la propriété du groupe et quiconque se trouvait dans le besoin pouvait aller y puiser. En cas de décès d'un membre de la famille qui avait contribué à l'approvisionnement, sa part n'était ni distribuée ni détruite mais restait à la disposition de tous. L'utilisation de ces caches est mentionnée dès le XVIIIe siècle par des fonctionnaires espagnols dans leurs rapports concernant les peuples des montagnes Chiricahua. Selon Opler, les mots tombe ( grave ) et cache dans une grotte ( cave cache ) désignent la meme réalité. En effet, les groupes emmagasinaient souvent leurs biens dans des grottes qui servaient également de sépulture. Seule une absolue nécessité autorisait l'ouverture de ces cachettes. Armes, munitions, farine et couverture étaient fréquemment entreposées ainsi des années durant. Opler rapporte que l'agriculture fit son apparition dans un passé très récent. Ses informateurs, des Chiricahuas du Sud, affirmèrent qu'ils n'avaient jamais rien planté. De nombreux Chiricahuas le confirmèrent, indiquant qu'ils recouraient au troc pour obtenir ce dont ils avaient besoin ou qu'ils le prenaient aux Opatas, aux Tarahumaras, aux Yaquis et également aux Mexicains. 

Les bandes du Centre ne se nourrissaient jamais de produits récoltés, sauf ceux qu'ils avaient razziés. Michael Steck précise bien que les Chiricahuas faissaient partie de ces Apaches n'ayant jamais cultivé le mais. En revanche, selon certains informateurs Chokonens, les vieux qu'ils avaient connus plantaient du mais dont les semences leur étaient fournies par d'autres tribus ou des Mexicains. Très tot, sans doute dès le milieu du XVIIIe siècle, des contacts s'établirent entre les Chiricahuas de l'Est et les colons espagnols et mexicains. Un informateur rapporta à Opler " Mais, cantaloups et pastèques constituaient nos principales cultures. Au début nous n'avions ni courges ni potirons. Quelques Chiricahuas ont commencé à en planter à partir de 1885 ou 1886 seulement "

Un récit assez long fait état des cultures, " autrefois ", au Mexique. Six ou Sept familles sur cent devaient alors posséder des champs, parfois relativement étendus, " jusqu'à près de deux hectares ", sur lesquels elles faisaient pousser des variétés diverses de haricots, de courges et de melons. Cette nourriture était à la disposition de tous les membres du camp. Dans son ouvrage, Opler fait remarquer que l'agriculture n'a jamais eu suffisamment d'importance pour etre mentionnée dans les récits mythologiques ou religieux. Cette observation est confirmée aujourd'hui par l'absence de tout cérémonial se référant à l'agriculture chez les Chiricahuas du Centre du Sud .

vendredi 06 janvier 2012 16:46


Economie chez les Apaches ( 3EME PARTIE )

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Les femmes également préféraient cueillir les fruits et les légumes sauvages avec des membres proches de leur famille. Soeurs, filles, belles-filles et cousines se réunissaient pour cette tache. Les informateurs d'Opler rapportent les coutumes suivantes :

" Lorsque l'homme est parti chasser, la femme se lève avant l'aube, allume un feu si l'homme ne l'a pas déja fait et prépare le repas du matin.... Elle quitte ensuite le campement pour récolter fruits et légumes divers, laissant les petits enfant à la garde d'une autre femme ".

Selon un autre informateur :

" Au printemps, les Chiricahuas partent chercher du mescal. Pour cela, ils marchent parfois longtemps. Ils en récoltent beaucoup et en font des réserves. Après cela, ils peuvent aller cueillir des glands, qu'ils rapportent au camp et qu'ils stockent dans des sacs. C'est alors la saison du yucca, des baies de sumac et d'autres plantes encore".

L'ouvrage de Harry W. Basehart, " CHIRICAHUA APACHE SUBSISTENCE AND SOCIO-POLITICAL ORGANIZATION ", fournit une analyse détaillée de l'utilisation des fuits et des légumes sauvages. L'auteur a répertorié, par ordre d'importance les plantes qui constituaient la nourriture de base : Mescal, Glands,Mesquitte, Pignons, Datil, Fruits de Cactus et noix. Si la récolte du mescal était aisée pour les bandes de l'Est, les autes devaient entreprendre de longs voyages pour atteindre la région ou il poussait. Lors de ces déplacements, tout le campement était obligé de suivre car les hommes ne pouvaient laisser les vieux et les enfants sans protection. Plusieurs jours étaient nécessaires à la récolte, au séchage et à la cuisson du mescal. Les quantités impressionnantes ainsi amassées devaient ensuite etre emmagasinées ou transportées vers des caches. Bashart indique que chaque famille essayait de stocker de quarante à soixante grandes feuilles de mescal ainsi que les tiges et autres produits de la plante.

Le gland entrait pour une plus grande part que le mescal dans l'alimentation des Chiricahuas du Centre. Une famille pouvait en récolter jusqu'à deux cent cinquante Kilos, précise Basehart. Opler, quant à lui, fait remarquer l'importance de l'utilisation de la tige, de la fleur, de la feuille et des racines du yucca. Il s'est attaché à noter la variété des plantes consommées par les Chiricahuas, les saisons de cueillette et les différents procédés de récolte. Pour sa part, Basehart a orienté son étude de facon à établir le degré de dépendance des Indiens par rapport à ces aliments de base. Pour les plantes de moindre importance, il s'est contenté de les répertorier. Ces deux chercheurs ont démontré combien la cueillette était nécessaire à la subsistance des Chiricahuas.

Selon les conclusions de Bashart, les migrations s'effectuaient davantage en fonction de la cueillette que de la chasse. Il ajoute en outre : " Il semble que les hommes aient dans une large mesure adapté les exigences de la chasse et des raids à celles des cycles saisonniers de la cueillettes ". Cette hypothèse est plausible, du moins tant que l'on peut chasser le daim partout sans avoir à parcourir de longues distances pour le trouver. Il était tout à fait possible de combiner la chasse à l'antilope et les déplacements imposés par la récolte du mescal. L'élan peuplait les régions ou poussaient les chenes, les genevriers et les pins pignons. La question des raids est cependant totalement différente. Les anciens auraient ri de bon coeur à l'idée que les raids puissent dépendre d'une facon ou d'une autre des cyles de la cueillette, tache qui incombait aux femmes.


vendredi 30 décembre 2011 15:20


HAROLD CARDINAL ( 1969 : sur la mise en cause par le gouvernement Canadien des traités indiens )

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Né en 1945 à High Prairie dans l'Alberta, le leader cree Harold Cardinal interrompt ses études en 1967 pour s'adonner à plein temps à la politique. Au terme d'un mois de travail à l'Associaiton indienne de l'Alberta, alors stagnante, il en est élu président. Il a, depuis élé réélu huit fois. Le texte ci-dessous est extrait d'un ouvrage publié en 1969, la Société injuste : la Tragédie des Indiens du Canada, dans lequel Harold Cardinal analyse les traités entre le Canada et les Indiens. En 1977, il a écrit la Renaissance des Indiens du Canada en réplique aux tentatives du gouvernement fédéral de se débarrasser de ses obligations légales et morales envers les Indiens :

" Pour les Indiens du Canada, les traités sont comme leur Grande Charte. Ils sont importants pour nous, parce que nous sommes entrés dans leur négociation avec foi, avec l'espoir d'une vie meilleure et honorable. Les Indiens ont abordé la négociation des traités en hommes d'honneur venus traiter d'égal à égal avec les représentants de la reine...... Nos chefs se sont engagés et ont engagé leur peuple et leurs héritiers à en honorer les termes.

Nos chefs se sont trompés en croyant qu'ils traitaient avec des hommes d'honneur qui ne feraient pas moins que les Indiens eux-memes : se lier, lier leur peuple et lier leurs héritiers à des contrats honorables. Les notres ont parlé aux représentants gouvernementaux non en mendiants venus demander l'aumone mais en homme qui avaient quelque chose à offrir en échange des droits qu'ils revendiquaient. Pour notre peuple, c'était le commencement d'une relation contractuelle en vertu de laquelle les représentants de la reine prendraient leurs responsbilités  envers le peuple indien, pour prix des bonnes terres qui leur seraient cédées. Les traités ont été, pour les blancs, une facon de justifier aux yeux du monde leur présence dans notre pays. Ils représentent une tentative de donner à l'occupation une légitimité, de faire taire légalement et moralement les justes prétentions de notre peuple à la possession de la terre.

Il n'y a jamais eu l'ombre d'un doute dans l'esprit de notre peuple : la terre canadienne leur appartenait. Et il ne pouvait y avoir aucun doute à ce sujet dans l'esprit du gouvernement et des Blancs, puisque ce fut sur la base de la reconnaissance par les Blancs des droits des Indiens sur la terre que les traités furent négociés. Sinon, il n'y aurait rien eu à négocier, il n'y aurait pas eu besoin de traités. Dans la langue des Crees, les réserves indiennes sont considérées comme la terre qui nous avons gardée pour nous,ou que nous n'avons pas donnée au gouvernement "

vendredi 30 décembre 2011 14:01


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